Ce mois-ci, ce sont les Éditions Albin Michel qui se sont prêtées au jeu de l’interview TEA. Et plus précisément leur Directeur du Développement Numérique, Alexis Esménard, que nous remercions pour ses réponses sur la politique numérique de cette maison d’édition historique, clairement tournée vers les nouvelles pratiques de lecture.

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Les Éditions Albin Michel se sont engagées très tôt dans le livre numérique en numérisant une grande partie de leur fonds et de leurs nouveautés. Quelle est aujourd’hui la part de catalogue accessible en version e-book ?

Presque 60% du catalogue est aujourd’hui disponible en numérique ! Il s’agit d’une moyenne, ce taux est beaucoup plus élevé pour la littérature générale par exemple.

Et quelle est la part du numérique dans le chiffre d’affaires Albin Michel ?

Le CA numérique représente plus de 5% du total des ventes. Ce pourcentage est plus élevé pour la fiction (particulièrement pour les thrillers) moins pour les titres jeunesse ou pratique.

Vous annoncez le lancement d’une nouvelle collection, Les lectures numériques, à partir du 15/09, en prenant le parti de publier des titres en exclusivité numérique. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette collection et sa ligne éditoriale ?

Il s’agit de textes courts (15 min à 1h30 de lecture) signés par des auteurs phares (Bernard Werber, Mary Higgins Clark, Didier Van Cauwelaert, parmi d’autres). Ces formats s’adaptent particulièrement bien aux trajets en bus ou en métro par exemple. Cette offre s’adresse notamment à ceux qui veulent s’offrir un petit moment de détente ou qui désirent découvrir un auteur sans pour autant dépenser beaucoup d’argent ou se lancer dans la lecture d’un « gros » livre. Cette nouvelle collection est pour l’instant constituée de titres de fiction mais elle s’ouvrira à d’autres genres par la suite.

Lecteures numériques

En tant que Directeur du Développement Numérique de l’une des plus grandes maisons d’édition françaises, quelle est votre vision de l’évolution du marché de l’édition numérique en France et dans le monde ?

Il me semble que l’édition numérique à atteint un palier en France et que les périodes de fortes hausses sont derrière nous. Nous rejoignons, avec un temps de décalage, ce qu’on a pu constater dans d’autres pays comme les USA par exemple. Néanmoins, la lecture numérique et l’augmentation de son pourcentage dans le total de la lecture est une tendance de fond qui ne devrait pas s’inverser dans le futur. La question du CA que ce mode d’accès va représenter est par contre beaucoup plus épineuse, cela dépendra pour partie des exceptions aux droits d’auteurs que l’Europe mettra en place.

Parmi les freins à l’essor du livre numérique, on cite souvent les prix et la DRM Adobe. Quelle est votre opinion sur ce sujet ? Que pensez-vous de l’alternative à la DRM Adobe proposée par TEA ? Et plus généralement du projet LCP (Light Content Protection) lancé par le consortium Readium ?

Le problème de la DRM Adobe va au-delà de celui du seul prix. L’alternative proposée par TEA qui est une mise en pratique du projet LCP de Readium est une solution intéressante et qui est en fonctionnement aujourd’hui à l’inverse d’autres solutions qui ne sont encore parfois qu’au stade de l’idée. Son grand intérêt est de rendre le parcours d’achat du consommateur transparent et aisé pour les clients de TEA, c’est pourquoi Albin Michel y a souscrit.
Il reste encore des questions auxquelles cette solution ne répond pas encore, comme les problèmes d’interopérabilité, mais c’est un premier pas qui j’espère sera suivi par TEA de beaucoup d’autres…

Pour finir, quel serait, selon vous, le titre numérique de cette Rentrée Littéraire 2015 à ne manquer sous aucun prétexte ?

Ressources inhumaines (9782226381156), le premier roman de Frédéric Viguier. Ressources inhumaines a pour cadre un hypermarché où vient d’arriver une jeune femme jusque-là sans ambition, sans but (elle ressemble à un personnage de Michel Houellebecq !). Elle trouve alors un sens à sa vie en ne se consacrant qu’à une seule chose : gravir par tous les moyens les échelons de l’entreprise.

Ressources inhumaines - Albin Michel - TouchLux3 TEA